Tout est si fragile.

59 ~

59 ~

Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé.
Tu as demandé à me parler tranquillement dehors, d’une voix calme. Je me suis sérieusement demandé ce qui allait me tomber dessus.
Je pensais que tu me parlerais de lui, ou de ce qu’il s’est passé. Cela n’a pas été le cas.

Par espoir je pense à chaque fois que tu vas essayer d’arranger les choses, mais je me trompe à chaque fois. En fait ce dont je rêve, c’est que pour une fois dans ta vie tu fasses preuve de sincérité.
Je rêve d’une conversation, sincère, sans tabous, sans jugement, où l’on pourrait enfin revenir sur toutes ces histoires et mettre les choses au clair sans animosité.
Je demande sans doute la lune.

Je n’ai pas bien compris à quoi servait ce monologue. En quoi puis-je t’aider ? Ou plutôt : Ai-je envie de t’aider ?

Suis-je seulement une oreille attentive, celle sur qui tu peux décharger un peu de tes soucis ?
C’est à ce moment-là que j’ai vu une larme. Chose que je n’avais jamais vu chez toi, pas même dans les heures les plus sombres.
Peut être me suis-je fais avoir, mais malgré toutes les horreurs que tu nous as fais traverser, jamais je n’avais vu ton visage ainsi.

Est-ce le fond du trou ?
C’est vraiment ça le gouffre ?

J’avoue que cela ne m’a pas laissé insensible.
Cela fait un moment que j’ai remarqué que je ne te regardais pas vraiment dans les yeux quand on se parlait. Je n’y arrive pas, je n’y arrive plus. Je remets en doute toutes tes paroles, je me demande toujours où se trouve le piège.
Du coup ma compassion est partie dans la seconde qui suit.
J’adorerais te faire confiance, j’aimerais avoir une relation "normale", aller boire un café sans arrières pensées, sortir sans me demander si tu veux mon argent, recevoir un texto sans penser qu’est-ce qu’elle me veut encore ?"

Mais je crois que ce ne sont que les illusions.

Il faut redescendre.